L'Albère

L'ALBERA

 

 

 


Saint Martin des Albères

Chasse aux trabucayres

page 3

   

très dangereux, la visite, dans l'obscurité, de toutes les barraques des charbonniers et des nombreuses grottes qui sont dans ces lieux. Après nous être ainsi assurés qu'il n'existait point de brigands dans ces parages, nous nous embuscâmes dans les divers défilés qui avoisinent le col Fourcat. Tout le monde fit son devoir malgré le mauvais temps.

Meur Pujol, brigadier des douanes, et les préposés Sonnier Mary et Blanzy firent preuve de bons marcheurs et déployèrent beaucoup d'intrépidité et d'habileté pour explorer le pays. Quoi qu'ils aient attaqué un poste d'Albèriens qu'ils prenaient pour des voleurs ils n'en sont pas moins méritants et dignes d'éloges : Ils méritent une récompense pour leur acte d'une incomparable bravoure.

Meur Cayraux, maréchal des logis, et les gendarmes Navarre et Flori, guidés par Coste Emmanuel, le brave montagnard, ont été postés près du col Fourcat dans un petit bois de hêtres, à la source de la fontaine du Llobregat.

A ce poste de choix, après avoir vu passer beaucoup de personnes inoffensives, car c'est un lieu de passage agréable, vers les onze heures du matin, nos deux incomparables voleurs attendus, arrivèrent, sans suivre le chemin, par la montagne, et tombèrent dans l'embuscade de la  gendarmerie. Le combat s'ouvrit à l'instant. L'un fut pris et enchaîné, l'autre se sauva ; mais le maréchal des logis le poursuivit en brave et lui tira trois coups un coup de Remington et deux coups de revolver.

A chaque coup de feu le voleur s'abattit et pût être pris après sa troisième chute et sans être blessé.

Le lieu où s'est livré le combat est un grand pays gazonné sans presque aucun arbre, de sorte que de tous les postes on a pu tout voir et admirer la conduite du maréchal des logis, qui a déployé beaucoup de bravoure. Il mérite une grande récompense. Je le déclare mon ami comme étant l'ennemi acharné des mauvais sujets. Il en donne souvent des preuves ; aussi je me suis empressé d'aller à son secours, et les deux voleurs ont été immédiatement garrottés. Les habitants de la haute Albère ont été aussi témoins de cette scène et croyaient même le brigand atteint de quelque coup de feu qui l'avait tué, tandis qu'il ne faisait que le rouler.

Les gendarmes Flori et Navarre n'ont pas été moins braves et

page précédente                 Page suivante

Retour à la page d'histoire