L'Albère

L'ALBERA

 

 

 


Histoire et préhistoire

L'occupation préhistorique est attestée par la présence d'un important dolmen (appelé : La balma de na Cristiana, (l'abri sous roche de la chrétienne) de type galerie catalane ou, selon d'autres préhistoriens, dolmen à couloir évolué. (Néolithique final, 3500-3000 av.JC).

 

La situation en altitude de cette tombe, si elle montre qu'il y avait occupation humaine, ne prouve pas que l'endroit même correspondait à un habitat. La tombe peut avoir servi de marque territoriale, la communauté vivant plus près des ressources en eau.

On dénombre plus d'une centaine de dolmens et quelques menhirs et cromlech dans les Pyrénées Orientales.(Voir Jean Abélanet, Itinéraires mégalithiques Dolmens et rites funéraires en Roussillon et Pyrénées nord-catalanes, Ed. Trabucaires, Perpignan, 2011, pp352. Na Cristiana : p.178)

 

L'histoire du hameau de St Martin de L'Albère trouve son origine dans celle de l'installation des établissements BÉNÉDICTINS au MOYEN-AGE. Les moines laborieux, utiles à l'agriculture pour le défrichement des bois et des landes et la mise en valeur des terres abandonnées, s'installaient de préférence sur les voies de communications où leur principes de charité et d'hospitalité s'exerçaient au profit des passants et des voyageurs.

Dès le règne de CHARLEMAGNE, les BÉNÉDICTINS de St HILAIRE DU RASES ont pris pied dans la paroisse de L'ALBÈRE où ils ont fondé la cellule de SAINT MARTIN DU MONT FURCAT au pied du col FURCAT actuel sur le chemin de communications avec L'ESPAGNE, par la vallée de SAINTE MARIE DE REQUESENS.

La chapelle de SAINT MARTIN, avec son portail, petit chef d'oeuvre d'art ROMAN, est mentionnée pour la première fois dans une charte de CHARLES LE CHAUVE (BALUZE, dans l'appendice des capitulaires, la place entre les documents de 854 et ceux de 855. Capit. tom. 11).

La chapelle de SAINT MARTIN est situé à 680 mètres d'altitude, à 7km environ à l'est du PERTHUS et bénéficie d'une vue panoramique exceptionnelle sur le CANIGOU, la vallée du TECH et CÉRET. Elle dépend de la commune de L'ALBÈRE, entièrement boisée, avec un habitat dispersé à cent pour cent, Chênes-lièges, Chênes-verts, châtaigniers, hêtres et pins s'étagent entre 300 et 1100 mètres d'altitude.

L'habitat du côté de Saint Jean  de L'Albère est moins ancien. L'église paroissiale est du XIes.

Le 2 avril 1184, Guillaume Jorda, évêque diocésain, ému de l'extrême pauvreté des chanoines du Vilar, fit don à Marsal prieur de Notre-Dame du Vilar de l'église de Saint Jean de L'Albère, avec ses dîmes et ses prémices ainsi que tout ce qu'elle possédait ou pourrait acquérir.

La porte actuelle, située sur la place, du côté nord a été percée, sans doute, au XVIIes. Sur la vue du côté sud, là où  se trouve le cimetière, on distingue sous le crépi, les traces  de l'ancienne porte, murée.

 

Saint Jean, côté nord Saint Jean, côté sud

 

 

 

En raison de la croissance démographique, l'occupation du massif atteignit un point culminant au cours des XIe et XIIe siècles. A cette époque, succédant aux villae, les paroisses forment le nouveau cadre d'organisation du territoire. L'habitat s'articule autour des mas, unité économique de base, à la fois foncière, sociale et fiscale. (Cf. Jean Pierre Lacombe Massot, op. cit, p.116). Ils sont plus ou moins dispersés, avec des distances de plusieurs centaines de mètres à Saint Jean d'Albère ; le pôle de regroupement est l'église.

 

Au nord de la commune, à la limite avec celle de Montesquieu, le pic Saint Christophe porte les ruines d'une tour ou d'un château fort, lequel participait du système de défense et de surveillance qui incluait, dans le massif, les tours de la Massane et de Madaloc et plusieurs forteresses (un château fort construit au XIVes. dominait Le Perthus avant l'édification, à son emplacement, du fort de Vauban). Il reste aussi une petite chapelle qui sert de refuge aux randonneurs. Le pic a joué en 1794 un rôle décisif dans les combats entre les troupes françaises et les troupes espagnoles.

Prise du puig Sant Cristau, 30 avril-1er mai 1794, tableau de Charles-Caïus Renoux, 1837
(galerie historique du château de Versailles).

Les combats au Puig Sant Cristau sont un épisode de la bataille du Boulou. Cette bataille est de celles dont le nom est commémoré en étant gravé sous l'Arc de Triomphe de Paris.

(Pierre Vigo, Amédine Mas, La Bataille du Boulou,
Cahiers de l'ASPAVAROM, 2011, Hors-série n°1)

 

Au dix neuvième siècle, les habitants de l'Albère durent se défendre contre les bandes de malfaiteurs  appelés Trabucayres et ils le firent avec courage et énergie, comme l'illustre un manuscrit retrouvé au mas Reste.

 

La mairie, dont le bâtiment actuel date de 1883 (c'était en même temps l'école, comme dans bien des villages de France), est située à Saint Jean, face à l'église.

 

La commune de Le Perthus était, en partie, un hameau de L'Albère jusqu'en 1836. Son développement amena à en faire une commune indépendante en 1848, après une brève période de fusion avec celle de Les Cluses, fusion qui dura peu (1836 à 1837), les communes ayant vivement protesté pour garder ou acquérir leur indépendance. Les trois communes sont toujours très liées, par les liens qui unissent leurs familles, par l'école communale qui se trouve au Perthus et par les nombreuses coopérations entre les municipalités.

 

 

L'Albère est parcourue par la mémoire d'un berger, Manel (1822-1911), dont la passion pour ces lieux s'exprima dans l'aménagement des fontaines, des plantations d'arbres et de fleurs autour des sources, la mise en place et la gravure de belles pierres formant des tables, des bancs, des margelles, ainsi que dans des poèmes.

 

A L'Albère se trouve le mas de François-Joseph Reste de Roca (1879-1976), qui fut le Gouverneur Général de l'Afrique Equatoriale Française.

 

Un poème qui évoque L'Albère de Oun Tal (Albert Saisset) (en Catalan).

L'histoire de L'Albère sur d'autres sites : Histoire du Roussillon        Le Roussillon, passé et présent

1182, un bien des templiers                    L'Albère depuis Cassini

Pour toute l'histoire du massif éponyme : CAMIADE M, LACOMBE-MASSOT JP, TOCABENS J, Le rivage méditerranéen des Pyrénées 2000 ans d’histoire et plus…

Editeur : SOURCES (Perpignan), novembre 2008

 

Pour l'histoire de Le Perthus : Joan Tocabens, Le Perthus, passage naturel et frontière historique
Edition : Municipalité de Le Perthus, 2004.