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L'occupation préhistorique est attestée par la présence d'un
important dolmen (appelé : La balma de na Cristiana, l'abri sous
roche de la
chrétienne) de type galerie catalane ou, selon d'autres
préhistoriens, dolmen à
couloir évolué. (Néolithique final, 3500-3000 av.JC).

La
situation en altitude de cette tombe, si elle montre qu'il y avait
occupation humaine, ne prouve pas que l'endroit même correspondait à un
habitat. La tombe peut avoir servi de marque territoriale, la
communauté vivant plus près des ressources en eau.
On dénombre une
centaine de dolmens et quelques
menhirs et cromlech dans les Pyrénées Orientales.
L'histoire du hameau de St Martin de
L'Albère trouve son origine dans celle de l'installation des
établissements BÉNÉDICTINS au MOYEN-AGE. Les moines laborieux,
utiles à l'agriculture pour le défrichement des bois et des landes
et la mise en valeur des terres abandonnées, s'installaient de
préférence sur les voies de communications où leur principes de
charité et d'hospitalité s'exerçaient au profit des passants et des
voyageurs.
Dès le règne de CHARLEMAGNE, les
BÉNÉDICTINS de St HILAIRE DU RASES ont pris pied dans la paroisse de
L'ALBÈRE où ils ont fondé la cellule de SAINT MARTIN
DU MONT FURCAT au pied du col FURCAT actuel sur le chemin de
communications avec L'ESPAGNE, par la vallée de SAINTE MARIE DE
REQUESENS.
La chapelle de SAINT MARTIN, avec
son portail, petit chef d'oeuvre d'art ROMAN, est mentionnée pour la
première fois dans une charte de CHARLES LE CHAUVE (BALUZE, dans
l'appendice des capitulaires, la place entre les documents de 854 et
ceux de 855. Capit. tom. 11).
La chapelle de SAINT MARTIN est situé à 680 mètres d'altitude, à 7km environ à l'est du
PERTHUS et bénéficie d'une vue panoramique exceptionnelle sur le
CANIGOU, la vallée du TECH et CÉRET.
Elle dépend de la commune de L'ALBÈRE,
entièrement boisée, avec un habitat dispersé à cent pour cent,
Chênes-lièges, Chênes-verts, châtaigniers, hêtres et pins s'étagent
entre 300 et 1100 mètres d'altitude.
L'habitat du côté de Saint Jean
de L'Albère est moins ancien. L'église paroissiale est
du XIes. La porte actuelle, située sur la place, du côté
nord a été percée, sans doute, au XVIIes. Sur la vue du
côté sud, là où se trouve le cimetière, on distingue sous le
crépi, les traces de l'ancienne porte, murée.
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| Saint Jean, côté nord |
Saint
Jean, côté sud |
En raison de la croissance
démographique, l'occupation du massif atteignit un point culminant
au cours des XIe et XIIe siècles. A cette
époque, succédant aux villae, les paroisses forment le
nouveau cadre d'organisation du territoire. L'habitat s'articule
autour des mas, unité économique de base, à la fois foncière,
sociale et fiscale. (Cf. Jean Pierre Lacombe Massot, op. cit,
p.116). Ils sont plus ou moins dispersés, avec des distances de
plusieurs centaines de mètres à Saint Jean d'Albère ; le pôle de
regroupement est l'église.
Au nord de la commune, à la limite avec celle de Montesquieu, le pic
Saint Christophe porte les ruines d'une tour ou d'un château fort,
lequel participait du système de défense et de surveillance qui
incluait, dans le massif, les tours de la Massane et de Madaloc et
plusieurs forteresses (un château fort construit au XIVes. dominait Le Perthus avant
l'édification, à son emplacement, du fort de Vauban). Il
reste aussi une petite chapelle qui sert de refuge aux randonneurs. Le pic
a joué en 1794 un rôle décisif dans les combats entre les troupes
françaises et les troupes espagnoles.

Prise du puig Sant Cristau,
30 avril-1er mai 1794, tableau de Charles-Caïus Renoux,
1837
(galerie historique du château de Versailles).
Les combats au
Puig Sant Cristau sont un épisode
de la bataille du Boulou. Cette bataille est de celles dont le nom
est commémoré en étant gravé sous l'Arc de Triomphe de Paris.
Au dix neuvième siècle, les habitants de l'Albère durent se défendre
contre les bandes de malfaiteurs appelés Trabucayres et ils le
firent avec courage et énergie, comme l'illustre un
manuscrit retrouvé au mas Reste.
La mairie, dont le bâtiment actuel date de 1883 (c'était en même
temps l'école, comme dans bien des villages de France), est située à
Saint Jean, face à l'église.
La commune de Le Perthus était,
en partie, un hameau de L'Albère jusqu'en 1836. Son
développement amena à en faire une commune indépendante en 1848,
après une brève période de fusion avec celle de Les Cluses, fusion
qui dura peu (1836 à 1837), les communes ayant vivement
protesté pour garder ou acquérir leur indépendance. Les
trois
communes sont toujours très liées, par les liens qui unissent leurs
familles, par l'école communale qui se trouve au Perthus et par les
nombreuses coopérations entre les municipalités.

L'Albère est parcourue par la mémoire d'un berger,
Manel (1822-1911), dont la passion pour ces
lieux s'exprima dans l'aménagement des fontaines, des plantations
d'arbres et de fleurs autour des sources, la mise en place et la
gravure de belles pierres formant des tables, des bancs, des
margelles, ainsi que dans des poèmes.
L'histoire de L'Albère sur d'autres sites :
Histoire du Roussillon Le Roussillon, passé et
présent
1182, un bien des templiers
L'Albère
depuis Cassini
Pour toute l'histoire du massif éponyme : LACOMBE-MASSOT JP, TOCABENS Joan, L’Albera 2000 ans d’histoire et
plus…
Editeur : SOURCES (Perpignan), novembre 2000
Pour l'histoire de Le Perthus : Joan Tocabens, Le
Perthus, passage naturel et frontière historique
Edition : Municipalité de Le Perthus, 2004.
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